Les évènements survenus, depuis le début de l‘année 2011, en Afrique du Nord et au Moyent-Orient ne constituent pas seulement une indication de l’aspiration
naturelle des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ils sont aussi l’occasion de réfléchir sur les mots suivants de l’écrivain iranien Faraj Bayrakdar : « la liberté qui est en nous est plus forte que les prisons à l’intérieur desquelles nous sommes ».
Je suis donc heureux de saluer la finesse et la méticulosité avec lesquelles les organisateurs de la Quinzaine culturelle iranienne à Strasbourg ont élaboré un programme varié, comportant une vingtaine de manifestations. Ces organisateurs ont su, en raison du succès remporté par la Semaine culturelle iranienne de mars 2010, transformer celle-ci en Quinzaine. Ils ont réussi - en étoffant encore plus la manifestation - à y intégrer diverses nouveautés. Ainsi, et pour la première fois, une exposition de vêtements contemporains sera présentée. Une pièce de théâtre franco-iranienne inédite verra le jour.
La Quinzaine culturelle aura aussi pour particularité de mettre en évidence les aspects actuels des arts iraniens tout en les associant de très près à la tonicité des créateurs strasbourgeois. Le compositeur Iradj SAHBAI n’a pas seulement été l’unique élève iranien d’Olivier MESSIAEN. Aujourd’hui travaillant au Conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg, il animera - à la tête d’étudiants de cet établissement pédagogique - un concert de ses propres oeuvres. De telles actions révèlent des synergies autant qu’un dialogue réel entre les cultures iranienne et européenne. Y seront, entre autres, impliquées la Maison de l’Image comme la Cité de la Musique et de la Danse.
On est donc loin de l’exotisme désormais un rien désuet manifesté par Gabriel FAURE dans Les roses d’Ispahan, dont la mezzo-soprano Ariana VAFADARI et le pianiste Emmanuel STROSSER seront les interprètes durant un récital intégré à la Quinzaine culturelle iranienne. D’ailleurs, la présence du cinéma, de la vidéo et de la photographie, un défilé de mode ou la Persian Party - animée par deux Djs - attestent de cette constante forte de la modernité.
Je souhaite aux organisateurs, au public, aux artistes et aux différents participants de la Quinzaine culturelle iranienne à Strasbourg le retentissement, les plaisirs et le succès pleinement mérités par cette manifestation riche et singulière.
Roland RIES
Sénateur-Maire de Strasbourg
